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Portrait de Jean-Baptiste Rabouan, professeur du mastère en journalisme Sup'Média

Portrait de Jean-Baptiste Rabouan, professeur de Sup'Média

Article publié le 10/01/2019

Pouvez-vous vous présenter (votre parcours, vos expériences professionnelles) ?

Toute ma vie a été consacrée à la photographie et c’est la photo qui m’a fait vivre. Au départ c’était une passion de jeune ado qui rêvait à de grands reportages à travers le monde… À l’époque, vers 1980, il n’y avait pas vraiment de formation pour ce genre de métier.
À Saumur, là où je vivais, nous étions isolés et très mal informés pour des orientations particulières sans compter que j’étais un jeune assez rebelle… Bref, j’ai fait un CAP de photographe en alternance à l’école supérieure de photographie de Paris et chez un photographe de quartier à Saumur. Cette formation de photographe traditionnel artisanal a toujours été très utile et l’est aujourd’hui encore dans ma pratique des procédés photographiques anciens…
Ensuite j’ai été assistant dans un grand studio de photo de mode parisien puis en 1985, j’ai ouvert mon propre studio à Paris. En 1981, j’avais fait un premier livre local « Ombre et Reflet en Anjou Blanc » en noir et blanc et je voulais toujours réaliser de grands reportages documentaires. Avec mes revenus du studio, j’ai autofinancé mes premiers reportages, en particulier dans l’Himalaya chez les chamans du Ladakh, une région qui était à l’époque mystérieuse et méconnue. En 1991, mes reportages au Ladakh ont été retenus pour diffusion par l’agence Gamma et j’ai publié un livre « Ladakh de la transe à l’extase » aux éditions Peuples du monde.
À partir de là, j’ai revendu mon affaire de photo publicitaire et j’ai commencé une carrière de photographe reporter free-lance. J’ai travaillé en team jusqu’en 2000 avec M. Fiori, un journaliste qui m’a beaucoup appris en particulier pour l’écriture. Je suis retourné en Inde de nombreuses fois pour des reportages et j’ai étudié sérieusement le Hindi et la culture indienne. En 2000, j’ai publié un autre livre, cette fois texte et photo, sur le Ladakh et j’ai rejoint l’équipe de reporters du magazine Grands Reportages. Jusqu’en 2016, je réalisais une dizaine de sujets par an pour le magazine plus des travaux free-lance pour des expositions et l’édition de livres : 2010 « Mother India » (textes et photos) ; en 2012 et 2015 deux romans « Un Jardin sur le Gange » et « Le miel Amer de l’Himalaya » ; toujours en 2015 le livre « À la recherche des laines précieuses » (textes et photos) ; en 2018 « Mogok la vallée des pierres précieuses » (textes et photos de reportage en collaboration avec une équipe de gemmologues) et cette même année, un livre pratique sur un procédé ancien « Cyanotype, livre pratique de photographie alternative ». Depuis 2016, je me tourne vers la photographie d’art dite alternative, avec des procédés photographiques artisanaux.

Quel est votre rôle vis-à-vis du Mastère Sup’Média ? 

Du point de vue technique j’enseigne la photo, prise de vue et post-production. J’enseigne également le reportage : construire et réaliser un sujet textes et photos en sachant que ce sont des bases valables pour d’autres médias. Je donne également un cours de culture de l’image pour que les élèves aient une vue d’ensemble de l’histoire de la photographie d’information. C’est un cours qui leur permettra de mieux appréhender les problématiques actuelles et à venir.

Faut-il détenir certaines qualités pour exercer ce métier ?

Être curieux, critique, persévérant, sensible et savoir écouter…

Découvrir le métier de Photographe-Reporter

En êtes-vous satisfait ? Qu’est-ce que cette expérience auprès des étudiants vous apporte ? 

Tout d’abord je dois dire que mes étudiants sont formidables : travailleurs et sympathiques ! Ils cherchent encore à trouver leur voie et c’est bien normal… Aussi, au-delà du contenu du cours, j’essaie de valoriser leurs qualités et talents propres pour qu’ils trouvent une direction de carrière allant dans le sens de leurs aspirations. C’est important, car pour réussir de ce métier il faut être bon et savoir tout donner ! C’est pour moi une expérience enrichissante. Il a fallu que je structure et mette en forme près de 30 ans de carrière tout en projetant mon expérience vers l’avenir. L’exercice n’est pas des plus simples. J’espère avoir réussi mais c’est aux élèves de le dire…

Pourquoi vous être lancé dans l’aventure Sup'Média ? 

J’ai la chance et le privilège d’avoir eu une carrière qui a comblé toutes mes aspirations de jeune homme. Le temps est venu pour moi de transmettre et de partager. Le métier a beaucoup changé mais des expériences comme la mienne peuvent être un véritable tremplin pour des jeunes qui se destinent aux médias de demain.

Que pensez-vous de ce mastère ? 

Il est très complet mais aussi très exigeant car il prépare tout autant aux techniques audiovisuelles et au travail « littéraire » du journalisme. L’enseignement par des professionnels en activité ouvre les étudiants aux réalités actuelles de la profession. Pour donner un exemple : s’ouvrir au documentaire que beaucoup d’autres écoles de journalisme négligent, répond parfaitement au schéma économique actuel. Aujourd’hui, pour un indépendant, le documentaire représente au moins la moitié du marché. Et ce n’était pas le cas il y a 15 ans !

Quels conseils donneriez-vous à nos étudiants pour transmettre de l’émotion à travers l’objectif de l’appareil photo ?

Enrichir sans cesse sa culture de l’image, regarder les œuvres des grands photographes, aller aux expositions… Savoir analyser les images qui nous touchent et surtout celles que l’on n’aime pas. Et puis prendre des photos en structurant son travail autour de « séries ».

Découvrir les travaux de Jean-Baptiste Rabouan
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